About this clown

My photo
I often feel that we're all spinning slowly... like a mirror ball. Yes, we are all mirrors to each other. And so, it is the Light between us that I hope to help reveal and celebrate. /// J'ai souvent l'impression que nous sommes une boule disco qui tourne lentement. Nous sommes tous des miroirs pour les uns les autres. C'est donc la lumière qu'il y a entre nous que j'espère contribuer à souligner et à célébrer.

Thursday, February 11, 2021

some of my dreams

I'm floating on a dozen winds, whirl-winding, 
unwinding
some of my dreams show me how
I can feel free
part of a collective dream,
that of a team,
for a common project:
fighting for the right
to keep playing,
to keep dancing
Some of my dreams
show me smiling

Kairos-19

Kaïros

Chère espèce humaine,
espèce de chair,
créatrice de sens,
Sensorielle, espèce nerveuse,
messagère,
Qu'est-ce que tu ressens, que sais-tu?
Toi qui tente de tracer tes sentiers:
Sur la Terre, comme au ciel
dans des cités plastiques
Neuro-plasticité

Puis, subitement: Toux sèche. 
Tousse, tous, et toutes lié.es,
croisée de chemins globale.
Les marchés sous arrêt.
Crise respiratoire, virale.

En quarantaine,
Sans liberté. Égalité. Fragilité

La médecine chinoise dirait : Tristesse. 
Poumon. Chagrin

Respire, de ce souffle précieux : ψυχή : ta psyché : ton âme 
Espèce humaine, comment va ton âme?
Quand tu te laisse le sentir,
Qu'est-ce qui tristesse?

C'est okay.
C'est okay de pleurer.
Dans l'espace du coeur, t'es en sécurité.
Pleure, c'est okay aussi si t'as peur
Laisse la voir, ta vulnérabilité
Materiellement isolés
Par la pensée, espèce sociale.

Respiration, valse pulmonaire,
Au bout du Yang: retour au Yin

Et la Terre Mère, elle... reprend un peu son souffle
(En en avait assez de se faire forée de force)
Puissante, vivante, elle qui nous a fait naître
qui nous a vu grandir
jusqu'à cette crise d'identité

entre logique et silence
adolescente espèce humaine
rite de passage
vers la maturité
Quel est ta place, ton rôle, ta niche
Au sein de l'oïkos, ta maison-communauté?

Tu le sens: le kairos*
le temps du moment opportun
l'instant d'inflexion la chance pour t'aligner
et si "l'avant avait été trop tôt, et qu'après serait trop tard" ?
Kaïros. Et Logos : λόγος : discours, parole
Oseras-tu nommer
ce qui dans ce système n'en fait plus de sens
à la lumière de la prise de conscience
de l'initiation?

Ce qui se révèlera essentiel
Une fois le faire et l'être confrontés?
 Sur-activité, course effrénée, productivité,
consumérisme vide, quête d'identité?

Chère espèce humaine
Toi la tisseuse de théories et de systèmes,
Face à l'histoire fais ta synthèse
photosynthèse
Inspires-toi... et laisse aller, 
ce qui ne sert plus, ce qui se meurt, 
ce qui doit mourir.
Avec tristesse, c'est okay de laisser aller
Laissons donc les eaux s'écouler



-----


* "Le kairos est le temps du moment opportun. Il qualifie un moment.
Dans le langage courant, on parlerait de point de basculement décisif, avec une notion d'un avant et d'un après au sens de Jankélévitch (voir plus bas). Le kairos est donc « l'instant T » de l'opportunité : avant est trop tôt, et après trop tard."

Résultats de rech


Monday, July 8, 2019

Comment désirer?

Connais-toi toi-même.  
Je cherche depuis longtemps, mais ne trouve que miroirs et abysses.  Comment se connaître soi-même, sans Autre?
Comment voir les choses, incluant moi-même, telles qu'elles sont?  Pratiquer le vipassana?  Or n'y trouvons-nous pas qu'un bal d'impermanences et d'inter-relations? Moi-même, sans l'attachement à l'Autre, serait ainsi pur vide (en expansion?).  Ça expliquerait mon ressenti.
Connais-toi toi-même.
Comme le soleil au centre d'un système planétaire lui-même flanqué dans l'une des branches d'une galaxie qui se meut dans un cosmos indéfini, l'égo est un noyau autours duquel gravitent désirs inconscients, habitudes, névroses, rôles et personnalités... Et l'égo fonctionne. Ce n'est pas péjoratif. C'est pragmatique.  L'égo se construit et fonctionne... et je cherche en celui-ci la source d'une motivation qui serait parfaitement indépendante...  Ma motivation propre.

Comme en complémentarité à la prescription du temple de Delphes (Gnothi Seauton : connais-toi toi-même), la sagesse védique propose plutôt: "Vois le Soi" (Atman).  Et c'est là que je tends à regarder: le Soi, le global, le Tout, ce métaphysique qui comprend toutes les cartes, en plus du territoire.

 Petit aparté néanmoins pertinent.  


Du coup, difficile de savoir ce que JE veux. Difficile de me positionner au noyau de l'égo et du système solaire. Le paradoxe me garde en déséquilibre: JE SAIS que nous sommes des milliards de centres, égaux. 
Et si chaque centre y fuge (supposition purement poétique!), si de chaque centre s'enfuit, alors du miens s'élancent assurément quelques choses.. comme autant de désirs inconscients.

Mais le désir...

"Le désir est un manque que rien ne peut combler".   Le désir contre la Présence. Le désir comme le temps et l'espace. C'est la Vie qui vit, la graine qui germe vers la lumière, l'inconscient qui cherche à se révéler, le moteur de la création et de l'évolution.

Le désir du sujet est attiré vers l'object mais existe en et pour lui-même, au fond. Le désir paradoxe, dépendant et indépendant à la fois. Une danse, au rythme de la musique des sphères.

Désir-impulsion. Désir-de-possession, désir et consommation.  Inconnu, irrationnel-désir.  Mystère et désir.  Fantasme, distortion et désir.  
Désir-plaisir.  Le désir a faim, a soif, et se tord de l'intérieur vers l'ailleurs, vers l'Autre. Accepter la perte de contrôle pour reconnaître le désir.

Désir-apprentissage.  Désir-croissance.  Pont tantrique entre Éros et Logos.

Et qu'arrive-t-il de l'autre côté, à être object de désir? Être le pendant physique, la toile de projection d'un phénomène psychique. Se sentir disparaître dans des yeux humains, partiels, déformants, désirants. Voir ses propres désirs confrontés.  Étouffer. Et du coup, désirer autonomie et liberté.  Désirer se nommer soi-même ... mais douter qu'on soit quoi que ce soit sans la danse.  Désirer s'individuer, s'affranchir et devenir soi, franc.he et droit.e. en une quelconque direction...

Mais comment?  Dans quelle direction?  ... 

Je prends conscience que mon plus grand désir n'a personne ni rien pour object, ou à l'inverse, Tout.  Je prends conscience que si je doute souvent d'avoir quelque désir ou motivation qui me soit propre et qui ne dépende pas de l'Autre, il en existe bien un qui soit très profond et omniprésent.  C'est un élan indéfectible vers la Sagesse et la Connaissance. Un Amour intarissable pour la Vie qui vit, et donc pour le désir. J'aime et j'aimerai l'Amour et le Désir, cet appel du transcendant qui attire mon centre sans relâche, qui me prendra, vulnérable à l'illusion de ma dissolution, dans chaque espace entre l'inspiration et l'expiration.  

Mais je suis sauvée, car je désire.   Et comment?  Comme ça.  Je suis ce que je suis. 





Sunday, March 25, 2018

Arrived in India, Part 2


We've now arrived at our final destination. Five weeks to go, only one before my special lady friend joins me. I have one more week at the Subbody Butoh School and then Sara and I are taking on a 200-hour yoga teacher training. I feel so excited about it all!

My daily life is pretty simple. I get woken up by barking dogs and non-melodic birds (I have yet to find an India ornithologist who can tell me the name of this most annoying bird I hear all the time.) Getting out of bed, I step on the cold ceramic floor while making a conscious effort to remember: must not brush teeth with tap water. I then take a spoonful of this Ashwagandha paste I have discovered - more on this later - and prepare some green tea. Curtains open, I greet the Dhauladar every morning with a short series of Sun Salutations. Taking the time to loosen up and breathe in deeply, this morning ritual has been a real delight. 

Introducing the Dhauladar Mountain Range and one of its many pretty late afternoon dresses.
I evolve in a perimeter of about 40 square meters: apartment, this café where I am right now, and the Butoh school. I do not wander off too much without planning a bit, because it's impossible to get anywhere without calling it a trek. Hence this café, called Illiterati because the concept is that its walls are filled with books (yeah!), has pretty much become my general quarters. I come here every day for a good wifi connection and a cup of tea or a meal.


The only thing that never changes is change itself.

I have plenty of time before school starts, so most of the time I actually go there around 9am to breathe and stretch some more, and meditate a bit. Then it's morning session. This butoh training method, Subbody, is all about calming the mind in order to connect with the subconscious realm in which our body is our mind is our body. Mornings are dedicated to what they call ''conditioning''; it can be massage, spinal consciousness, walking meditation, or anything that will gently connect us with body-consciousness. Needless to say: I love it.

View from the upper studio.

Weeks go by very quickly. We mix self-exploration with group resonance session. I feel that my butoh is slowly expanding; or perhaps is just my mind quieting a bit more. No concepts, no politics, no pressure on myself, I am actually managing to mostly just remain curious.

The butoh we explore in this school is very much inspired by the work of Tatsumi Hijikata. It is hard but I keep what Rhizome Lee (our teacher) had written as the main guiding principle: butoh expands the notion of what a being human is/means. This quote, which comes from Hijikata himself, means that the work of butoh is to think outside the common notion of humanity to incorporate all the realms that make us: single-cell organisms, ancestors, natural elements, surrealist dreams, etc. This is what we dance, or rather, this is what we open ourselves up to be danced by.
I feel that I am starting to understand what butoh is. 
This being said, I know there is still - and probably will always remain - something alluding me... like... I'm not a fully-enlightened-by-cosmic-grace-dancer yet. ;)

On the weekends, I get out of my living perimeter and hike up to McLeod Ganj. The area, known as Little Lhasa, is home to a large population of Tibetans who have migrated to escape from Chinese oppression and to settle around the temple in exile of their political and spiritual leader, the Dalai Lama.

The streets there offer numerous shops with crafts, jewellery, singing bowls, restaurants, and so on. It's been filling up with an increasing number of tourists in recent years. You won't be surprised if I tell you I've been having mixed feeling about this. But then I'm on a journey to being softer with myself, so instead of feeding the politically critical chatter, I've actually surrendered to my love for beautiful shiny things!  
I've been trying to find out about the name of the artist(s)
behind these gorgeous murals.
In truth, I've noticed that I feel soooo good after spending a bit of time inside a small shop filled with gemstones and statues of Shiva. So, I've actually been thinking about starting a little import business myself! If beauty soothes me this much, it can certainly benefit others too. I've met this man who offered to take me to the people who make what he sells. Unfortunately, I won't have time to accept his invitation this time around. But if this idea keeps sprouting, I'll make sure to go to come back and go to Kashmir to meet these artisans. I could then feel honoured to be part of the chain that helps them make a living by distributing their creations.

Beauty surrounds indeed, but as you might know, India is a land of contrasts. So I'll finish this post with a few thousand words wrapped in a series of pictures. These photos cannot portray the level of uneasiness, not to say anger, or despair, that lurks to get to me at every turn. I could take hundreds of pictures like these. 
It was really hard to cope during my first week or two here. Now I guess I've adapted a bit to give my nervous system a break. Life adapts.


Waste disposal.

These streets are made out of...
motorcycles and trash...basically.
Anyone would like a murder for dinner?
Water : not to be taken for granted


But I shan't leave you with these sad images. I will bridge it all with a last shot which I took because I perceive a lot of beauty in decay. There is so much of it here... so much of Life.

''Things they come, and things they go. And that's one thing you oughta know.''



















Third trimester: Arrived in India (Part 1)

Lord Ganesha at the Gate
I've been in India for about three weeks now. It took time to adjust. Now I'm going to try and write... Let's see what happens!

I don't know exactly why this one is in English, but I don't need to know. This much I'm figuring out. This is actually what this trip has taught me. I realize it's what I've wanted to learn. Not knowing is okay.

Case in point.  Last night I went to my first ''Butoh jam'' at the Subbody School - there where I've been taking daily classes for the past 3 weeks. I didn't know what a Butoh jam was, but I assumed it was similar to what we do everyday: dancing the question mark. 
Got there first.  Hmm.  Laid down on the wooden floor, since I've come to discover that this - a wooden floor - might be my favorite place to be. There, I observed my breath, my limbs resting on the ground, my desire to move. And as I've been doing daily for the past 3 weeks, I listened to the fine line between will and impulse. What are my patterns of movement? How can I open up a new relationship with my body? Moving not from the limbs but from the spine, sacrum or cervical bone, like an ocean wave or a breath, listening to the necessary transformation created by any movement or impulse, I slowly began to dance...

More people started to show up and sat around the studio. New faces - expats or tourists from up the hill I suppose. I had made my way from the periphery to the center of the room, gently stretching and moving to the watery qualia - defined by my teacher, Rhizome Lee, as ''anything Life feels'' - I got from the music. After a while, a classmate actually invited everyone to dance, because there were only few of us on the floor. Some guy said, ''It's just not really what I expected from the invitation I got.'' I was next to him so I answered: 
''It's my first time too. I don't actually know what I'm doing.'' 
''But you look like you're a professional'', he said. 
Ego flattered, I confess, though most naturally I answered:
''A professional not-knower of what I'm doing, maybe!'' And that was it. I had put words to what's been going on.


Tibetan prayer flags in Upper Bhagsu. Helps us see the wind.
Because everyday my monkey-mind leads me to the future with its clichés: What will you do after this is all over? How will you make a living? How can you continue healing yourself and shaping a life with enough freedom to attend to your life force? How will it all be received back home? Where is home? And on and on...

These thoughts are natural and are probably never going to stop popping up. Of course life needs a bit of planning and intention. But this need for security cannot become so constricting that I need to ingest anxiety meds everyday. The future is undetermined. That's the beauty of it. 

Friendly reminder

Coming to India has put me through an interesting emotional curve.

 As one would expect, the arrival in Delhi - in the middle of the night - was unsettling. But I had preemptively organized everything: I had a private taxi-driver pick me up at the airport. He would prove his identity with a special password, and bring me straight to my hostel. Well, I shouldn't say ''straight'', because nobody drives straight in India!

Arrived in Paharganj neighborhood, I found out my hostel hid in some smelly alley off the main bazar. Lots of stray dogs. My first sacred cow. Everything was dusty, smelly, trashy.

Main bazar, Paharganj, Delhi

Next morning, jet-lagged, I went out for a stroll in the bazar to start soaking in the ambiance. Too much for the eyes and brain to take in. A lot for the ears. Watch out where you step. No, I don't want to buy this, thank you. The men husteling and bustling; women keeping to themselves. I found that I could only go out for short amounts of time before returning for short breaks in my room to rest.

3 days to spend in Delhi. I rode in tuk-tuks, took the metro, visited the Lotus Temple, and bought a few small things. I got totally ripped off by a nicely-knit, multiple-person scheme that took me from the bazar to some fake (?) governmental tourist office to a shop where they charged me triple the price of a salwar kameez - indian long shirt with pants and scarf. Oh well! A relatively painless initiatory experience after all.

I then took the train heading to Pathankot, which is about 2-3 hours from Dharamsala. Nervous about morning traffic and finding my way around Old Delhi's Station, I arrived there 2 hours early. Had some chaï, sat outside with my book in front of the departure board. 20 minutes before my departure time, I went inside the station and stood in front of the board there. But something was strange : my train was not showing. When I asked a girl about it she said I could go ask for information outside. Adrenalin suddenly rising up, I grabbed by backpack and went back outside. A swarm of men were trying to talk to the inquiry person. Then luckily I noticed a white board with hand-writing on it : train numbers... platform... my train! Platform 20! Run!

Just like in the movies I ran and up the stairs I saw my train starting to move forward. 
Run! Run! Grabbed the handle of the last wagon and climbed on it in extremis. Thank Shiva!  Though it wasn't the wagon I had reserved online, at least I had made it.

I gathered myself and looked around: people were sitting on the floor, a sikh man with a boy, a shoeless hindu monk, some kids with their mom in the corner. I felt I was taking up a lot of space with my big bags and my white skin. When I walked to the door to go through to the next wagon, I found it only led to the ... how do you call those sqatty latrine-type holes in the floor? Stopped breathing for a split-second before I chose to accept and enjoy. So I put my rucksack down and sat on it, my back against the thin wall of that shitty stall, and did like those men were doing: enjoy the wind on my face as I stared out at the landscape passing before our eyes through the open door. 

We arrived in Pathankot an hour and 30 minutes late. I was starting to feel queezy inside and hoped there would be cabs available to drive me to Dharamsala after dark.

I might have paid more than needed, but my driver, Munna, turned out to be very sweet. My stomach, on the other hand, was not giving such a pleasing sensation. I was getting increasingly uncomfortable and I was very tired. We were but a few curvy kilometers away when I urgently asked Munna to pull over : hello food poisoning. I shall spare you the details of what happened next. Let's just say that for the next few days, I always knew where I could find the bathroom.

I thereby had my first experience of turista, or as it is called in these parts of the world: delhi belly. With unpredictable bowels for only company, abandoned by my usually faithful appetite, I found my arrival in this new environment difficult. I thank my girlfriend who helped me through it diligently and patiently, connecting to video chat with me several times a day. Even though I knew it would pass, I needed someone I could cry in front of.

And the people I spoke to were nice too. They had empathy and advice for me: eat some papaya seeds, bananas, rice... and if I was still sick after 6-7 days, I should probably go get tested to put a name on this intestinal invader and get the right antibiotic. So I did that... and abracadabra
What I've learned in this : my friends, if it ever happens to you, getting tested is so worth it! 

This again is becoming a looooong blog post.  So why don't I leave it at this and let you go to the next post for another piece of adventure? 

For Part2, click here!

Saturday, January 27, 2018

Tous ces fleuves

Je dois accepter qu'il m'est impossible d'exprimer toutes les impressions.
J'accepte que cette fois-ci, c'est dans le silence que s'opèrent les transformations.
J'observe encore de mon oeil politique les grandes églises édifiées en d'autres temps, les graffitis comme des balafres criant: ''il y a toujours de la vie ici!''. Ces villes historiques. Étroits passages, murs élevés, aux abords de tant de fleuves nourriciers. 
Prise entre les temps et l'apprentissage du moment. J'accepte.






Je me suis baignée nue dans une source thermique naturelle adjacente au Rio Grande.

 Au Nouveau-Mexique, au Texas et en Oklahoma, on prône la déregulation complète du port d'arme. Les panneaux le long de l'autoroute culpabilisent les femmes qui songeraient à recourir à l'avortement. Le conservatisme américain... in our face.



Notre sympathique covoitureur, Michael le gypsy sailor, nous raconte qu'il vit sur son voilier, dans une marina située à Oakland (Caflifornie). Il vit libre, sans carte de crédit, et gagne sa vie en tant que mécanicien et livreur de bateaux. Il ne porte plus de chaussures depuis près de dix ans, sauf lorsque cela est requis. Nous le déposons chez sa soeur, dans l'Oklahoma, et passons la nuit dans la chambre d'amis.


La route 66 est ponctuée de station-essence-boutiques, qui vendent toutes les mêmes souvenirs pacotilles. Qu'est-ce que le roadtrip aujourd'hui sinon la tentation répétée du consumérisme? La lutte contre le cynisme est énergivore et il s'avère pratiquement impossible de manger de la vraie nourriture pour retrouver des forces.

Les Grands-Lacs sont là. Chicago, Détroit, Hamilton, Toronto. Nous sommes passées trop vite, bien entendu, pour daigner affirmer qu'on pourrait connaître l'âme et le pouls véritable de chacune de ces villes. 
Plaques tournantes industrielles et culturelles, autrefois ou encore ou en rémission. Des coeurs battants : systole, diastole, systole... Et aux Grands-Lacs se rattache cette artère fluviale que les québécois.es connaissent bien: le fleuve Saint-Laurent.  
J'aurais aimé demeurer plus longtemps et mieux faire l'expérience de ce Détroit en rémission; parcourir ses jardins urbains, ses restaurants végétaliens, et ses manifestations d'art populaire et communautaire. 
Ce sera pour un autre périple!


De l'autre côté de l'Atlantique nous découvrons Galway. Son fleuve, le Corrib, ne fait que 6 kilomètres mais il est l'un des plus puissants d'Europe. En Irlande, l'humidité de décembre creuse ses dents jusqu'à la moelle de mes os. Je lutte pour m'adapter au climat et au décalage horaire; je découvre les vertus du ginseng.  J'essaie de lire James Joyce dans sa langue natale; mais je n'ai plus l'habitude de lire des romans, et les subtilités de ce vieil anglais irlandais m'échappe. No crac.

Un soir, nos oreilles nous attirent dans ce bar quelconque du quartier Shantalla où a lieu un rassemblement de musiciens locaux. Ils sont une dizaine: quatre violons, deux accordéons, deux guitares, une flûte... que du plaisir!



En Bretagne, ce sont les eaux de la Manche, déchaînées, qui nous remuent.  On se retrouve en famille pour traverser les sombres journées du plus creux d'un autre hiver. On mange et on boit ensemble, suivant la tradition. On se conforte, on se confronte. L'air salin nous appelle vers l'heure où le soleil se couche: c'est la saison des grandes marées. Sous la lune montante, les familles bretonnes s'attroupent aux abords de la puissante mer. Nous sommes si petits. Les vagues, quoique parfois plus impetueuses que d'autres, sont éternelles. 


Puis je m'envole pour Pise pour y prendre le train en direction de Pontedera. Là-bas, c'est le ''fleuve Butoh'' qui m'accueille. C'est un affluent métaphorique, certes, mais c'est un véritable courant!
  
Ah! Mon amour de butoh! Tellement indicible... et c'est justement en ça qu'habite tout le sens de notre relation. Je cherche, dans ma pratique butoh, à m'immerger entière dans la ''réalité totale''.  Cette réalité comprend toutes les dimensions de l'existence, du big bang aux appels de mon imagination en passant par tout ce qui nourrit l'inconscient collectif. 

Cette réalité, je l'invite et l'explore grâce à mon corps, mon énergie vitale, et ma concentration.  Je sonde et m'émerveille de tout ce qui palpite et respire sous ma peau, de tout ce que mon esprit peut projeter de poésie dans l'espace qui m'entoure.  Ce fleuve est immense et lorsque je m'y baigne j'ai le sentiment de danser avec ce qu'il y a de plus vrai au monde: la conscience du Tout. Cela m'émeut, cela m'inspire. 




Aisément, les rives de l'Arno m'ont permis d'opérer la transition hors de ma butoh-bulle. Florence, berceau de la Renaissance, a en effet de quoi ravir et faire renaître les sens!  
D'abord il y a la nourriture: fière et fraîche. (En y songeant, ce n'est pas un hasard si le mouvement ''Slow Food'' a vu jour en Italie.) Il y a aussi l'omniprésence de la mode, des souliers et des sacs de cuirs. Les florentin.es aparaissent toujours si bien sapés qu'on n'en vient presque à avoir honte de ne pas arborer au moins mille Euros de fringues. Non je blague, je n'avais pas honte. Je mentirais à vous dire que mes yeux n'apprécient pas le défilé.

Naturellement, mon esprit s'affaire à chercher une clé dans le phénomène, dans l'histoire. Car ce qui a vu le jour avec la Renaissance semble aujourd'hui approcher une crise irrémédiable.  Je pense à l'avénement des professions libérales, du capitalisme, des corporations. Je pense aux banquiers, aux médecins, aux avocats et aux chefs de multinationales. Ceux qui ont jadis remplacés les seigneurs et le clergé sont aujourd'hui au pouvoir! Et comme jadis, ils en abusent trop souvent.
Ainsi, autant le flot historique qu'on nomme le Moyen-Âge s'est-il transmuté, comme en une chûte, pour faire place à des âges radialement différents, autant il me semblerait possible de voir l'ère actuelle faire place à d'autres moeurs, à d'autres valeurs, et à d'autres manières de concevoir le monde et notre place en celui-ci. 
L'histoire parfois me donne espoir.




Or, puisque le débit de mon compte en banque s'écoule à sens unique depuis plusieurs mois, et puisque que le prix d'un logis s'avère très cher lorsque réglé à la nuité, nous avons choisi d'éviter la région Toulousaine (ah! La belle Garonne!) et d'en profiter pour vivre une nouvelle expérience linguistique et culturelle: Porto.

Nous voici donc près du Douro, à galvauder un portugais mi-espagnol et mi-brésilien et à s'emplir les pupilles de mille et une vista architecturales : des tuiles de céramiques sur tous les murs! Des murs... qui ne sont pas toujours en très bonne condition. Des édifices à l'abandons, d'autres en pleine rénovations. 

Il serait certainement naïf de m'essayer à un portrait de la situation économique de l'endroit. On sait très bien qu'il se passe quelque chose au Portugal. Destination de voyage # 1 l'année dernière; le phénomène est indéniable. Je veux bien reconnaître que j'y prends actuellement part. 
Mais est-ce que le tourisme peut être une bonne chose?

Partout, cette année, on nous a raconté qu'un nombre grandissant de propriétaires préfèrent louer leurs appartements en AirBnB plutôt qu'à des tenanciers locaux. Les prix des loyers grimpent. Les esprits entrepreneurs visent les clientèles friquées qui ne sont que de passage. À quel point cela peut-il être bon pour les économies locales? J'aimerais lire sur le sujet, engager la conversation.

J'aimerais bâtir des ponts. 

''Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.''

- Isaac Newton 

Monday, October 9, 2017

Remplie à Hollow Frog Farm

Dans quelle direction partir?  Ou simplement rester ici?

Je suis à Hollow Frog Farm depuis six jours. Et d'ici je voyage, vers les confins de nombreux univers... 

Mais d'abord: Qu'est-ce qu'Hollow Frog? C'est un petit paradis... under construction. C'est surtout Françoise & Achille, un non-couple d'habitants auto-proclamés. Deux beaux hippies qui ont pris racines au creux des Kootenays.



Sara et moi sommes atterries ici grâce à la plateforme HelpX.net. (Dziekuje!  Emil et Roksana!)
HelpX is an online listing of host organic farms, non-organic farms, farmstays, homestays, ranches, lodges, B&Bs, backpackers hostels and even sailing boats who invite volunteer helpers to stay with them short-term in exchange for food and accomodation. (site web)

Lundi après-midi. Nous étions en train d'installer notre tente dans la petite clairière autrefois utilisée pour le teepee, lorsque le téléphone de Sara a sonné. C'était le centre Vipassana de Merritt, B.C. lui annonçant qu'une place venait de se libérer et qu'ils en étaient à elle sur la liste d'attente.  La retraite débutait mercredi soir.  Gros changement de plan... mais pas de doute : elle l'avait tellement souhaité cette retraite de méditation! 

Elle avait une journée pour réaligner ses plans, faire son baggage, organiser son transport vers Merritt, et digérer la réalité (anticipée) de ce qu'allaient être ses deux prochaines semaines... 

J'ai bien sur, pour ma part, été ébranlée pendant un court moment. Nous avions déjà si bien connecté, toutes les deux, avec nos hôtes. Mais rapidement je me suis rappellé que tout est PARFAIT. 

Qui plus est, je ne détestais pas l'idée de camper seule pour un moment. Les deux matelas de sol et huit couvertures pour moi toute seule: wouhou!


Me voici donc dans ce petit paradis de Frog Hollow, mais pas réellement seule car nous sommes cinq au total. Emma et Nick sont ici depuis environ deux semaines. Emma & Nick sont des ''woofer-helpers'' originaires de l'île-du-Prince-Édouard.  Nick à vingt-sept ans et bourlingue et travaille au BC depuis environ sept ans.  Emma, vingt-deux ans, étudie en Foresterie mais n'y retournera pas avant janvier.

Ensemble, nos tâches sont d'aider dans le jardin et à la construction de ''la maison d'Achille.'' Et du coup, me voici en train d'apprendre à construire ... une maison de ballots de paille! 



Le rêve! 


Pour celles et ceux qui se posent la question:
un mur de ballots de paille fait dans les 17R.

Une première job de maçonnerie réussie!

Et ce soir c'est Thanksgiving. Et Françoise me faisait la remarque qu'il est triste que nous les francophones n'ayons pas cette tradition, ni ce mot d'ailleurs. Apparemment, la gratitude ne se verbalise pas aussi facilement en français. What?! Eh oui! Françoise est québécoise! 
Et Achille aussi d'ailleurs. Mais il a vécu les cinquante dernières années en dehors du Québec, entre San Francisco, le B.C., et le reste du monde. 



Ce soir c'est thanksgiving et je suis reconnaissante pour chacun des repas pris ici depuis six jours. Je suis reconnaissante pour tout le travail de Françoise dans le jardin, pour les pommiers et pour le gruau du matin. Je suis reconnaissante pour les poêles à bois et les perceuses électriques, les scies à onglet et les bancs de scie. 

Je suis reconnaissante pour la secrétaire du chiropracticien que j'ai consulté vendredi, qui me raconta qu'elle avait étudié à Concordia... avant de faire jouer du Harmonium dans la salle d'attente!  

Je suis grateful aussi pour tout ce que travailler avec Achille fait remonter d'émotions en moi: vouloir être bonne, autonome, efficace et rapide alors que lui est en réalité très peu organisé et qu'il faut faire preuve de beaucoup de patience, de flexibilité et d'humilité. 
Cela créer parfois des tensions. Mais... on en discute. Transparency.
    
On se retrouve comme en famille.... mais ça n'a rien à voir avec la nation d'origine. Le lien est spirituel. Il est fort et indéniable. Il provient du fait de pouvoir parler une même langue, en anglais comme en français... une langue du coeur, de recherche de conscience. Quel miroir! 

Au fil de nos conversations, Françoise et Achille m'ont parlé de divers enseignants à découvrir: Byron Katie, Thomas Huebl, Kim Eng... Anthony De Mello, Mooji... tant de ressources dont j'avais tellement besoin!  Car on ne nous enseigne pas ces choses à l'école: les émotions, la pleine conscience, les projections du mental...  le shadow work. Et pourtant, ce sont les outils et les pratiques qui traitent le plus directement de nos vies quotidiennes: nos relations, nos humeurs, nos perceptions et nos choix.


''Are you listening, as most people do, in order to confirm what you already think?'' - Anthony De Mello



Phil et sa famille habite une petite maison autonome tout
près de l'emplacement de leur future demeure: potentiellement la plus
grande maison de sacs de terres jamais construite!

Au travers de cela, quelques lectures des publications de Kay Linda Kivi, autrice et poêtesse (son blogue ici) locale. Tellement locale, qu'elle est voisine et amie d'Achille & Françoise. 

K.L. habite avec une dizaine d'autres personnes sur la ''MAA Land Co-operative''. Juchée sur la face ouest d'une impressionante montagne, cette bande de Queers sauvages et partiellement polyamoureuse vie en quasi-autarcie. 
Le rêve.

Je travaille donc mes mains, mon coeur, ma conscience et mon corps. Au studio Shanti, j'ai découvert une instructrice de yoga qui me fait carrément tripper.  (Mmh.. Et si je décidais de faire mon teacher training ici?) Joy Morrell est une yogini qui pratique depuis quarante-huit ans. En soit, ce fait n'assure pas l'excellence, c'est vrai. Mais Joy... c'est une encyclopédie! Son cours, qui dure une heure et demie, est un festin de nouvelles connaissances sur l'anatomie et la bioméchanique.  

Ça me sidère d'y songer: on ne connaît pratiquement rien de notre propre corps!  C'est notre relation primordiale, notre habitacle permanent, notre messager le plus fidèle et notre temple quotidien. On y passe toute notre vie, et on y prête si peu d'attention. 

''Ce ne sont pas les muscles qui sont raides, ce sont les fasciae qui demandent à ce qu'on respecte leur tempérament. Un muscle est toujours prêt, au garde-à-vous! La fascia, par contre, n'exécute pas aussi promptement. Elle a besoin de douceur et de persévérance.'' (Paraphrase de Joy)
J'aime. Même si j'ai les fasciae plutôt hypertoniques.

Bref, j'apprends. J'apprends des tonnes. Amen!

Friday, October 6, 2017

Health & Yoga

(English below)

J'ai commencé à m'informer sur les moyens pour faire un peu d'argent tout en étant nomade. J'ai donc pensé joindre l'agréable (écrire ce blogue) à l'utile (générer un peu de sous) en m'inscrivant à un programme d'affiliation. Je viserai évidemment des programmes qui réflètent mes valeurs et mes intérêts.

J'ai trouvé ce site internet très intéressant: HealthAndYoga.com. On y trouve des articles de yoga et de massage, des retraites, des produits naturels, des bijoux, etc.  Je vous invite à le visiter en cliquant sur les annonces, et si quelque chose vous plaît, vous pourrez obtenir 5% de rabais en utilisant mon code de référence: Eve3871. Tant mieux si tout le monde en profite!

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I've started to research some ways to generate a bit of income while being nomadic. I thought I'd join fun (writing this blog) and usefulness (generate income) by joining affiliate programs. I will, of course, be looking for companies and programs that suit my values and interests.

For now, I've found this website called HealthAndYoga.com. It has yoga and massage props, books, natural health and care products, jewelry, etc. I invite you to visit it by clicking on ads that make you curious, and if you find something you want, you may get 5% off by using my reference code: Eve3871.  It's a win-win deal!

Thursday, October 5, 2017

Trump

This is actually a post that I wrote after the last American elections. I hadn't finished it then, so I picked it up just now to tighten iup the ends a bit. This is of course only a minuscule fraction of what I could say on the topic. But for now...

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(I haven't written much over the past three or four years. I've been busy, I've been learning a new trade and it's taken my mind space. I miss it. I write on paper sometimes but it's completely different than this. Oh! Keyboard, my ol' friend!)

I'm coming here today because my stomach hurts. I'm full of it, and I so I remembered that writing has been my way of coping with overflows. So here I am.

Trump.
One word.
so much meaning.
I've been trying to wrap my mind around it.

Is it all because the electoral system is just fundamentally non-democratic? After all, anybody taking a bit of time to learn about, and reflect on, the working of a parliamentary system, is bound to find that there are some deep short-comings (and it's a euphemism) to all of them. It's as if they were set up to be undemocratic, just a small step away from the monarchic system and its aristocracy. Just a blink in the blanket of history. 
We have to have a conversation about this.


Or perhaps it's, after all, a pretty fair system to ''govern'' a group of people. Perhaps people are not as rational as the Enlightenment philosophers believed and wrote. Perhaps we're being told that we are rational, and that it gives us great potentiality, but at the same time we're being fed and led, like animals, irrationally. 

Perhaps this is the best that can happen for the moment. 
Perhaps people really massively decided to elect Donald Trump ... instead of Hillary Clinton.

And blablabla, how much because she's part of the "political elite'', a.k.a. the establishment. That's what he used to vilify her. How much because she is a woman?

I absolutely agree that the establishment needs to go. In that sense, Hillary's election would actually have been ... disappointing.( That's another euphemism) She's certainly corrupt, involved in a-legal activities, hanging out with Freemasons, etc. She's certainly had to step on many heads to get to the top.

But Trump?!

Is this yet another symptom of that rampant feeling of powerlessness, of that crisis of social anxiety? And it's acting out and coming out in the form of this nihilistic gesture, this "fuck off'' to the face of the world, this collective act of self-denigration?

Or was it truly hope that motivated these electors?  
Couldn't be.  
Fear, most likely. And that's not a climate to choose a leader. 
That's why people choose their own dictators.